A propos de moi

Daniel Flammer Né en 1984 à Charenton Le Pont Vit et travaille à Paris Félicité de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux de Paris Il est représenté par la Galerie Polad Hardouin

Si je fais de la peinture, c’est, d’une part, parce que c’est pour moi un besoin vital. D’autre part, il me semble nécessaire de produire des images peintes malgré la profusion d’images qui nous entoure : les outils de la peinture donnent la possibilité de mettre à mal les images et d’interroger le réel. Ma démarche pour produire des images est la suivante. D’abord, il y a une première impulsion au cours de laquelle apparaissent des formes ou des éléments. Chacun d’entre eux détruit, distord, brise l’image peinte presque jusqu’à l’agonie, mais jamais jusqu’à la mort. Les peintures sont donc le fruit de la confrontation, du collage ou de l’effacement d’éléments, de formes abstraites, de motifs, de structures, de figures. Assez souvent, il y a une deuxième impulsion au cours de laquelle je construis une structure. Elle permet d’organiser l’espace de la peinture et, encore une fois, de mettre à mal l’image. La peinture est terminée quand je parviens à une netteté. C’est souvent le moment où le rapport de forces entre les divers éléments atteint son paroxysme.

Les tableaux présentés sont liés par un mode opératoire commun. En effet, ma façon d’aborder la peinture a connu un tournant lorsque je suis arrivé à me détacher de la photographie. Jusque là, celle-ci avait constitué la base de toutes mes peintures. Petit à petit, j’ai accordé une plus grande importance à mes impulsions et j’ai utilisé des formes ou des éléments que je trouvais en dessinant. Dans ce nouveau système, la photographie n’est utilisée que pour préciser un détail ou comme source d’idées.

Même si ce mode de fabrication écarte la possibilité de prévoir ce que mes peintures représenteront, celles-ci sont très composées, souvent narratives.

Par la peinture, il s’agit pour moi d’attraper, d’accrocher, de circonscrire des objets ou événements liés à l’actualité, à la mémoire ou au souvenir. C’est à l’intérieur des grilles, des cages en bois, ou des armatures métalliques que je peins, que des objets ou événements, extraits de leur contexte originel, se retrouvent pris au piège. Ces objets renvoient au monde du jeu (seau, raquette, mikado), de la science (ustensile de chimie, médicament, parabole)... Il y a aussi une tonalité de l’ordre du souvenir, de l’absence : finalement, ces peintures sont comme des arrêts sur images. Elles sont statiques, hors du temps, et leurs espaces sont improbables. En effet, il s’agit de faux espaces, de cages, de structures, voire d’infrastructures ou de réseaux.

Ainsi, chaque peinture est pour moi une occasion de faire le deuil d’images liées à l’enfance, à l’Histoire ou à l’actualité, dans une tentative toujours répétée de décomposer/recomposer les souvenirs.